
La didactique s’applique aussi à ma rencontre avec Polyphème : Polyphème ou la blogueuse qui en bouche un sérieux coin. Polyphème, j’ai trouvé qu’elle incarnait un espoir pour tous gens intelligents (c'est-à-dire curieux intellectuellement et adepte de l’esprit critique) puisque de laïcarde athée zolaïque et taubirassienne, elle est passé, en quelques années, de catholique tridentine et réactionnaire, lectrice de Murray et membre du chœur de sa paroisse . Motif ? La soif de vérité. Merci à elle pour son témoignage et la rencontre avec son amie qui lit les poèmes de Claudel et parle si bien chinois. Merci à elle également pour les photos de son mariage avec Fromage +. Fromage… vous n’avez pas le physique de vos écrits : ça n’est ni élogieux ni calomnieux, vous êtes surprenant voilà tout, avec une vraie gentillesse sur le visage. J’espère que tous les deux, vous continuerez longtemps à œuvrer pour la lucidité, que j’ai moi-même appris à connaître et à aimer. Oui, c'est quelque chose qui s'apprend. Rien n’est acquis sous le regard de l’exigence spirituelle et intellectuelle : j’étais une petite conne de bourgeoise toute molle avant mes 19 ans. Moi aussi, j'étais comme ces gens dont parle Enoch, qui pensent que la France a commencé au XIXe siècle. Même si mon blog est plus consacré au Beau et aux choses qui me tiennent à coeur, à toutes les choses, force est de constater que je suis membre de la Réacosphère et cette Réacosphère est d’ailleurs pas mal constituée de personnes qui ont fait une vraie démarche. Une démarche, donc cela n’est jamais acquis socialement puisque cela n’a rien de social au sens étroit. C’est comme je le dis : spirituel et intellectuel. Punks à diplôme, donc, selon les mots inspirés de Woland. Benoit XVI a fait l’effort de relier les deux dimensions de la grandeur humaine. A, ce beau discours chez les Bernardins… La pensée et l'âme ne sont pas désincarnées. Le corps a une tête qui pense et s'élève. Et le Christ est d'ailleurs homme et Dieu. Je pense aussi à l'oeuvre de Maurice Denis (j'ai d'ailleurs trouvé mon visuel chez Le Conservateur... les grands esprits se rencontrent... enfin les esprits sensibles) et à Paul Ranson. Je pense à Henri Bergson, dont la lecture vaut toute les tribulations constructiviste ou son contraire (cf Fromage +). Etant moi-même fascinée par le beau depuis... longtemps, j'ai fait cette démarche. Mais elle partait de moins loin que celle de Polyphème.
Messe tridentine donc avec Polyphème hier matin. Liturgie à la hauteur de mon aspiration. Sermon clair et précis sur le sens du « beaucoup d’invités mais peu d’élus ». Ne pas revêtir le vêtement de noces, dans cet Évangile, c’est effectivement cracher dans la soupe. Et cependant, en me couchant samedi soir, je tombai sur un passage revigorant de l’Epître aux Romains, qui m’a bien « calmée » (chapitre 2). C'est pour vous et pour tous ceux qui ne s'arment pas suffisamment d'indulgence. C'est pour Rubia, qui a tenu ce beau discours en substance l'autre jour :
« O homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses. [2] Nous savons, en effet, que le jugement de Dieu contre ceux qui commettent de telles choses est selon la vérité. [3] Et penses-tu, ô homme, qui juges ceux qui commettent de telles choses, et qui les fais, que tu échapperas au jugement de Dieu? [4] Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance? [5] Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t'amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, [6] qui rendra à chacun selon ses œuvres; [7] réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l'honneur, la gloire et l'immortalité; [8] mais l'irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l'injustice. [9] Tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec! [10] Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec! [11] Car devant Dieu il n'y a point d'acception de personnes. [12] Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi. [13] Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. [14] Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; [15] ils montrent que l'œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour. [16] C'est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus Christ les actions secrètes des hommes. »
Et c'est l'Ecriture Sainte. A méditer, Woland, vous qui m’aviez reproché ma repentance... Ce n’est pas nous qui jugeons. Nous, nous ne devons qu’aimer. C'est une immense mission ! Nous ne connaissons pas le cœur des hommes. Dieu agit en leurs cœurs. Polyphème le sait bien. C’est Dieu seul qui juge. Et là… c’est Saint Paul qui parle.
Bonne semaine.
et ouais j'avance sur ma correction de mon manuscrit. Mais je travaille pour vivre bien trop d'heures pour travailler pour ma vie.


