lundi, septembre 22, 2008

La didactique du week-end (9)

Tout d’abord, j’ai tenu promesse et je suis allée voir les zouaves en concert. Pourquoi ? Parce que c'est de la pure musique et que je ne change pas mes goûts pour la bonne musique. Des performers à la hauteur de leur réputation et de l’héritage du hip-hop pur jus made in 1983. Seule ombre au tableau : la « sonorisation désastreuse ». C’est même pas moi qui le dit, c’est le Libé de samedi. Nan.. je lis pas Libé… faut pas charier : je regarde derrière l’épaule de mon voisin dans le bus. Et j’ai raison, car de cette manière je me rends compte qu’on peut parfois être lucide et gauchiste. Le concert de NTM à Bercy (j’ai été au deuxième soir) était donc un bon concert mais loin d’être mon meilleur dans cette salle mythique où j’ai vu Depeche Mode, Radiohead et Paul Mc Cartney. J’ai du mal à comprendre comment deux gars qui font des albums aussi bons arrivent à se contenter d’un rendu son aussi pourrave. On n’entendait pas les samples, pourtant excellents sur le dernier album en date (il y a 10 ans). Joey Starr dit « Double R », je crois qu’il était vénère d’ailleurs à la fin du show. Sinon ben … ce sont de vraies bêtes de scène.


La didactique s’applique aussi à ma rencontre avec Polyphème : Polyphème ou la blogueuse qui en bouche un sérieux coin. Polyphème, j’ai trouvé qu’elle incarnait un espoir pour tous gens intelligents (c'est-à-dire curieux intellectuellement et adepte de l’esprit critique) puisque de laïcarde athée zolaïque et taubirassienne, elle est passé, en quelques années, de catholique tridentine et réactionnaire, lectrice de Murray et membre du chœur de sa paroisse . Motif ? La soif de vérité. Merci à elle pour son témoignage et la rencontre avec son amie qui lit les poèmes de Claudel et parle si bien chinois. Merci à elle également pour les photos de son mariage avec Fromage +. Fromage… vous n’avez pas le physique de vos écrits : ça n’est ni élogieux ni calomnieux, vous êtes surprenant voilà tout, avec une vraie gentillesse sur le visage. J’espère que tous les deux, vous continuerez longtemps à œuvrer pour la lucidité, que j’ai moi-même appris à connaître et à aimer. Oui, c'est quelque chose qui s'apprend. Rien n’est acquis sous le regard de l’exigence spirituelle et intellectuelle : j’étais une petite conne de bourgeoise toute molle avant mes 19 ans. Moi aussi, j'étais comme ces gens dont parle Enoch, qui pensent que la France a commencé au XIXe siècle. Même si mon blog est plus consacré au Beau et aux choses qui me tiennent à coeur, à toutes les choses, force est de constater que je suis membre de la Réacosphère et cette Réacosphère est d’ailleurs pas mal constituée de personnes qui ont fait une vraie démarche. Une démarche, donc cela n’est jamais acquis socialement puisque cela n’a rien de social au sens étroit. C’est comme je le dis : spirituel et intellectuel. Punks à diplôme, donc, selon les mots inspirés de Woland. Benoit XVI a fait l’effort de relier les deux dimensions de la grandeur humaine. A, ce beau discours chez les Bernardins… La pensée et l'âme ne sont pas désincarnées. Le corps a une tête qui pense et s'élève. Et le Christ est d'ailleurs homme et Dieu. Je pense aussi à l'oeuvre de Maurice Denis (j'ai d'ailleurs trouvé mon visuel chez Le Conservateur... les grands esprits se rencontrent... enfin les esprits sensibles) et à Paul Ranson. Je pense à Henri Bergson, dont la lecture vaut toute les tribulations constructiviste ou son contraire (cf Fromage +). Etant moi-même fascinée par le beau depuis... longtemps, j'ai fait cette démarche. Mais elle partait de moins loin que celle de Polyphème.

Messe tridentine donc avec Polyphème hier matin. Liturgie à la hauteur de mon aspiration. Sermon clair et précis sur le sens du « beaucoup d’invités mais peu d’élus ». Ne pas revêtir le vêtement de noces, dans cet Évangile, c’est effectivement cracher dans la soupe. Et cependant, en me couchant samedi soir, je tombai sur un passage revigorant de l’Epître aux Romains, qui m’a bien « calmée » (chapitre 2). C'est pour vous et pour tous ceux qui ne s'arment pas suffisamment d'indulgence. C'est pour Rubia, qui a tenu ce beau discours en substance l'autre jour :

« O homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses. [2] Nous savons, en effet, que le jugement de Dieu contre ceux qui commettent de telles choses est selon la vérité. [3] Et penses-tu, ô homme, qui juges ceux qui commettent de telles choses, et qui les fais, que tu échapperas au jugement de Dieu? [4] Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance? [5] Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t'amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, [6] qui rendra à chacun selon ses œuvres; [7] réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l'honneur, la gloire et l'immortalité; [8] mais l'irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l'injustice. [9] Tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec! [10] Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec! [11] Car devant Dieu il n'y a point d'acception de personnes. [12] Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi. [13] Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. [14] Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; [15] ils montrent que l'œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour. [16] C'est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus Christ les actions secrètes des hommes. »

Et c'est l'Ecriture Sainte. A méditer, Woland, vous qui m’aviez reproché ma repentance... Ce n’est pas nous qui jugeons. Nous, nous ne devons qu’aimer. C'est une immense mission ! Nous ne connaissons pas le cœur des hommes. Dieu agit en leurs cœurs. Polyphème le sait bien. C’est Dieu seul qui juge. Et là… c’est Saint Paul qui parle.

Bonne semaine.

et ouais j'avance sur ma correction de mon manuscrit. Mais je travaille pour vivre bien trop d'heures pour travailler pour ma vie.

jeudi, septembre 18, 2008

Vocation de Cézanne

Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. Pour le moment encore présent, et bien vivant le blog Hussard82 ! Je l'alimente donc d'un extrait merveilleux de Sens et Non-Sens de Merleau-Ponty.


C'est dans l'Ouvrage I : « le doute de Cézanne »


"Il lui fallait cent séances de travail pour une nature morte, cent cinquante séances de pose pour un portrait. Ce que nous appelons son œuvre n’était pour lui que l’essai et l’approche de sa peinture. Il écrit en septembre 1906, âgé de 67 ans et un mois avant de mourir : « Je me trouve dans un tel état de troubles cérébraux, dans un trouble si grand que j’ai craint, à un moment, que ma faible raison n’y passât… Maintenant, il me semble que je vais mieux et que je pense plus juste dans l’orientation de mes études. Arriverai-je au but tant cherché et si longtemps poursuivi ? J’étudie toujours sur nature et il me semble que je fais de lents progrès. » La peinture a été son monde et sa manière d’exister. Il travaille seul, sans élèves, sans admiration de la part de sa famille, sans encouragement du côté des jurys. Il peint l’après-midi du jour où sa mère est morte. En 1870, il peint à l’Estaque pendant que les gendarmes le recherchent comme réfractaire. Et pourtant, il lui arrive de mettre en doute cette vocation."




Ce qui est souligné ici, c'est la détermination d'un artiste dans la réalisation de son œuvre. Par œuvre j'entends travail artistique au sens large, impliquant "vision du monde" proustienne et construction sensible, empreinte dans les temps. Évoquant l’admiration
dans un message précédent, voici ce que j’admire le plus chez les vrais artistes : la dévotion pleine et entière à leur travail. François Truffaut évoquait de la même manière les derniers jours de Sacha Guitry, sur son lit de mort, affairé à monter son dernier long métrage. Tout cela nous rachète les jours nuls, les gens nuls, les préoccupations nulles qui nous assaillent toute la journée. Je vous offre cet extrait pour panser vos mauvais jours et toute la médiocrité qui vous arrive en plein visage. Pour illuminer vos beaux jours également et, pour ceux qui ont le courage d’être encore artistes dans ce monde où la valeur suprême est le gain, et la speculation contre toutes valeurs morales, je vous l’offre comme un encouragement. Ne sanglotez plus, soyez cyniques le moins possible. Justes et impérieux. Constants. On dit toujours que "seuls les imbéciles ne changent pas d'avis". Soyez imbéciles s'il vous plait. Pensez à Cézanne, à sa détermination, à son exactitude dans l’acharnement malgré son doute. A sa vocation.

Ce message est dédié à Jean-Marc Parisis, en réponse au touchant message d'encouragement qu'il m'a adressé pour que je termine ma relecture de roman.

mercredi, septembre 17, 2008

Annonce très importante

Blogger me fait des misères et menace de fermer mon blog. Je cite :

"Ce blog a été verrouillé en raison d’une possible violation des Conditions d'utilisation de Blogger. Vous ne pouvez pas publier de nouveau message tant que ce blog n’a pas été examiné et déverrouillé.

Ce blog sera supprimé dans 20 jours à moins que vous ne demandiez une vérification."

En fait, Blogger m'accuse d'être un blog de spam et non une personne réelle. On m'a fait cliquer sur un lien dans un message mail pour vérifier que ça n'est pas vrai, mais rien ne change. Je fais donc toutes les démarches pour y remédier, mais je n'ai pas l'impression que cela s'arrange. Alors, ce que je vous propose c'est de ne pas me perdre de vue. Si ce blog disparaît de la toile, sachez que j'irai sans doute sur Wordpress avec le même nom : Hussard82. Il faudra alors revoir tous mes backlinks, vous qui, gentiment, me relayer chez vous.

Dans cette hypothèse, sachez également que je suis en train de procéder à une sauvegarde de tous mes messages de blog. Ceux-ci seront donc archivés chez moi et renvoyables sur demande.

J'espère de tout coeur que mon blog ne va pas disparaître.


ps : retenez bien l'adresse mail présente et donnez-moi, si vous pouvez, votre conseil le plus avisé pour le choix d'une meilleure plate-forme (j'ai du mal à piger wordpress en plus...)

lundi, septembre 15, 2008

Ad Deum qui laetificat juventutem meam

Ma jeunesse, oui et ma joie aussi. Ce week-end m'a apporté plein de grâces, j'ai voulu "en être" du début jusqu'à la fin parce que je savais que ça serait le cas, que je recevrai des grâces immenses, que la proximité de foi avec mes frères et sœurs dans le Christ me raffermirai set que je n'en ressortirais que plus forte et plus aimante.


Mes pensées vont ce matin à ma chère Rubia Loca, que j'ai dû chambouler par tant de ferveur, et si peu de respect pour ceux qui ont besoin de temps, de calme, d'intériorité et surtout d'amour. Qu'elle soit certaine que je lui demande pardon.

comme vous avez pu le lire, j'avais conçu ma participation à cet évènement comme une urgence. Pourquoi ? Sans doute parce que je n'évolue pas toujours dans un environnement chrétien, mais plus encore porteur de sens. Je savais que le voyage du Pape et ma participation active, dès vendredi soir sur le parvis, aux offices du Saint Père jusqu'à samedi matin, puis à partir de samedi après-midi en communion avec les Pèlerins de Lourdes à la télévision, je savais donc que cela allait me donner un "coup de fouet". Non pas une punition, mais une vraie prise de conscience de ma vocation de chrétienne. J'en avais besoin et j'avais soif de ce regain de foi. D'expérience de pèlerinage ou de retraite, et malgré mon caractère bien souvent individualiste ou élitiste (regrettable), je savais qu'être entourée de mes frères et soeurs catholiques, je serais renforcée dans ma foi.

Merci Saint-Père, d'être venu nous réveiller.

jeudi, septembre 11, 2008

Etre catholique en France c'est accueillir le Pape à Paris

Je trouve particulièrement inadmissible, ayant motivé mes amis catholiques à accueillir le Pape Benoit XVI samedi matin, de recevoir certaines réponses parfaitement tièdes ou lâches. Particulièrement inadmissible parce que précisément je m'adresse à ceux de mes amis qui sont catholiques. Je veux dire que je ne suis pas allée "agresser" des gens qui dans mes contacts ne sont pas croyants. Je n'ai envoyé un mail qu'à des gens qui comme moi se disent "catholiques". Des gens qui se sont mariés à l'église (et ont trouvé cela "normal"), des gens qui vont à l'église le dimanche (et trouvent ça "normal"), des gens qui ont des croix chez eux ou portent des médailles (attend c'est "normal"), des gens qui enterrent leurs grands-parents après un messe d'enterrement (ben oui tout de même, c'est "normal").

Le problème est peut-être dans le "normal" précisément. Je ne comprends pas ni ne tolère d'ailleurs des réponses du style "ben je ne sais pas si je serai là samedi matin, ça fait tôt et ça me saoule". En fait, c'est tellement devenu "normal" pour eux d'être catholique (ou en tout cas vaguement parfois) qu'ils s'imaginent que tout le monde trouve ça normal autour d'eux sans doute. Que tout le monde va se lever, aller voir le Pape. D'ailleurs, ces gens-là, lorsqu'ils se lèveront samedi à midi et qu'ils allumeront la télé en mangeant leurs biscottes, il faut aussi que ce soit normal qu'il y ait des pauvres abrutis acclamant le Pape en secouant des drapeaux jaunes et blancs. Il fera peut-être mauvais, il pleuvera peut-être et ils seront là, comme des cons sous la pluie, ces "gens gentils", ces "gens bien". Le catholique en question lui, il sera devant sa télé comme tous les athés de France et il matera le spectacle. Mais sans doute pas tout quand même, parce que n'est-ce pas, on a autre chose à foutre. Quelle tête feraient-ils mes gentils catholiques "normaux" s'il n'y avait personne pour accueillir le Pape samedi ? "Mais t'es con yaura toujours des gens pour ..." Et bien moi, je ne le comprends pas ce comportement de mou.

Oui, dans son comportement "normal" tout porte à croire que ce catholique "normal" finisse effectivement par vivre une vie "normale". Normale ? Oui DANS LA NORME. Et je vous rappelle que la norme en France, c'est de ne pas s'engager pour sa religion (lorsqu'il en reste une en pensée ou en acte bien sûr). La norme, c'est regarder passer l'histoire en rêvassant sur le fait qu'elle sera toujours de notre côté. La norme, c'est la passivité. La norme, c'est l'absence d'esprit critique, c'est l'acception du monde dans lequel nous vivons, de ses lois et de ses dispositions qui sans cesse nous éloignent de la chrétienté première et fondatrice. La norme, c'est de fermer sa gueule, c'est d'être "open" et c'est d'être une vraie victime du système. Et c'est surtout de croire que ses petits-enfants "demanderont" encore le baptême. C'est croire que le christianisme n'est pas en danger sur terre.


Alors moi je suis désolée mais lorsque le chef de l'Eglise Catholique vient en France, je n'ai aucune raison de ne pas venir au rendez-vous qu'il me donne : je ne suis ni malade, ni enceinte, ni handicapée, ni vieille. Je suis membre de l'Eglise Catholique. Je ne crois pas que cela soit "normal". Je ne crois pas que d'autres iront à ma place, parce que précisément "à ma place", il y n'aura personne. Ma place dans l'Eglise, c'est moi qui l'occupe. Je crois plutôt que cela est une chance. Je crois que la visite de sa Sainteté Benoit XVI est une chance pour moi. Oui, j'ai de la chance : le successeur de Saint-Pierre vient dans mon pays, dans ma ville. Je crois peut-être que si le clergé "ordinaire" (ou "normal") était plus motivant, on en arriverait pas à trouver cela normal qu'il y ait des gens qui aillent voir le Pape à notre place. Je crois que j'ai raison de me tourner vers la branche traditionnelle de l'Eglise puisque je n'y trouve que de vraies personnes ferventes et dévotes. Des personnes qui ne pensent pas que l'histoire s'écrira sans nous. Je crois aussi que si j'habitais un pays plus pauvre, plus humble où les gens avaient moins de ressources matérielles, moins d'argent à dépenser, moins de superficialité à faire valoir, ils auraient moins de mal à se tourner vers l'essentiel. Je pense que les gens qui m'entoureraient vivraient moins dans la conjoncture. L'essentiel, c'est la structure. L'essentiel c'est ce qui ne passera pas. Et l'amour, il ne faut pas que cela puisse passer. Le Christ nous l'a promis mais c'est à nous de soutenir cette Bonne Nouvelle, cette promesse et pas aux "gens gentils" abstraits, "normaux" qu'on regardera à la télé. A personne d'autre que nous.


ps : et je lisais aussi un article sur le blog de Fromage + qui ressemble à un miroir de celui-ci.
ps2 : voici un bon blog évènementiel du groupe La Croix sur la visite de notre Pape : un Pape, un blog.